Suite des aventures pédestres et  ouessantines de nos amapiennes Françoise et Michèle.

Si vous allez un jour une première fois sur cette île, un conseil, n'y restez pas qu une seule journée. Une semaine semble plus appropriée pour découvrir et carrément ne  rien y faire...Il faut vraiment savourer la fraîcheur du soir, les couleurs du ciel le matin, cultiver l'art d'être en dehors du monde réel...

Un microclimat:  les gelées y sont très rares mais ,d'un autre côté, dépasser la température de 24° n'a jamais été observé! L'île est continuellement balayée par les vents à dominante ouest bien sûr! N'oublions pas le célèbre :"qui voit Ouessant voit son sang!" Les écarts de température entre janvier et juin dépassent rarement 8°. Les vents et brouillards y sont fréquents certes, mais cela ajoute à sa magie!

Un peu de géographie : elle est rabotée par l' érosion constante du vent et de la mer depuis des millénaires, la plus haute colline culmine à 60m. L'île mesure 8km de long sur 4km de large. La faune et la flore sont de petite taille afin de s'adapter aux vents. La surface de l'île est une sorte de puzzle découpé en petites parcelles délimitées par des murets en pierre tout simples. La moindre parcelle de terre sur ses pierres abrite une plante, souvent une fleur ou un lichen. Il n'y a que très peu d'arbres sur Ouessant. Ces petites parcelles sont le témoin d'une agriculture ancienne et ont permis de fixer la terre. La côté sud est plus riche en végétation que la côte nord; on y trouve énormément de ronces et d'ajoncs et les mûres sont très réputées ici! La côte nord est en revanche beaucoup plus sauvage recouverte de parterres d'herbes sèches, idéale pour la sieste! Chaque maison a toujours une décoration fleurie!

La faune terrestre : il y a eu sur Ouessant des chevaux nains qui ont maintenant disparus. L'isolement dû à l'insularité a favorisé l'émergence d'espèces locales telles que le mouton d'Ouessant, menacé de disparition - qui est la plus petite espèce de mouton du monde ( 42 à 48 cm)! On trouve aussi des lapins qui ne doivent pas croiser beaucoup de prédateurs, des faisans, lézards et insectes sont également bien présents (le miel d'Ouessant est très réputé). Côté oiseaux, la diversité est grande, beaucoup de passereaux mais également des espèces propres à l'île comme le crave à bec rouge qui est une sorte de corneille, ainsi qu'une chauve souris répondant au doux nom de pipistrelle! Les oiseaux marins sont bien sûr grandement représentés, c'est une étape privilégiée pour les migrateurs ou les oiseaux perdus en mer.

En mer : il existe ici une colonie de phoques gris qui adorent l'eau fraîche (elle ne dépasse que très rarement les 15°). Il n'y a jamais eu ici de pêche intensive; les fonds, les vagues  et les courants ne s'y prêtant pas. Actuellement, le peu de pêche sert à la consommation locale et pour alimenter les quelques restaurants. On pêche le bar dans le courant et, à pied, les ormeaux. Les homards et langoustes sont également très présents. On collecte également les longues algues qui autrefois servaient de combustible et maintenant sont très utilisées dans la composition des cosmétiques.

Préservation de son patrimoine : l'érosion due aux tempêtes hivernales est visible et des panneaux et les conseils des ouessantais guident le randonneur pour qu'il n' abime pas ce patrimoine fragile. Certains sentiers ne sont réservés que pour les randonneurs. Un bouquet de fleurs sauvages est tellement plus beau dans la nature ou en photo!

La semaine prochaine, les phares, ces lumières dans la nuit!