Une mer belle et transparente à souhait, une jolie marée basse, un binôme et hop à l'eau dans du 20°, et si c'était le début du bonheur?

Arrivés au parking, un coup d'œil balaie la plage: une eau turquoise avec au loin la masse sombre de la roche . On s'habille tranquillement avec les bruits de fond de la plage; la bouée, les palmes, le masque et la ceinture de plomb. Un peu de marche à pied sous une belle chaleur estivale avec la grosse combi, Qu'il fait chaud !

Au rivage, une pause : quelques mots partagés avec le binôme et c'est la mise à l'eau. La mer est à nous! En signe de respect sans doute pour le bonheur qu'elle va nous donner, on s'agenouille pour mettre les palmes. Nous marchons à reculons palmes aux pieds pour se mettre en flottabilité, le doux clapotis des vagues...Premier coup d'œil vers le fond, du sable pour l'instant….. le silence et la transparence. On entre dans le monde du silence , adieu Newton, nous flottons! Les mouvements deviennent naturellement ralentis. Un coup d'œil au binôme, nous palmons tranquillement guettant les petites vagues de sable du fond, une mue d'araignée, un banc de petits poissons en balade. Les yeux grands ouverts, nous nous approchons du plateau rocheux un peu plus au large. Nous savourons l'instant où la masse sombre du rocher se devine. Ce ne sera pas pêche aujourd'hui mais plutôt photo et méditation! Chacun se promène au gré de ses rencontres. Les algues ondulent régulièrement sous les reflets du soleil, c'est magique! Chacun se fait son délire, construit son rêve à chaque apnée. Sous un rocher , une éclipse d'étrille, un ormeau qui se recroqueville dans sa coquille à notre rencontre. La surprise d'un petit homard rencontré en pleine eau, bleu puissant sur le vert presque électrique des algues! Chaque faille est un festival de couleur, orange, vert, jaune, les roches sont tapissées d'éponges multicolores et au fond une crevette, délicatement posée sur cette palette de couleurs , comme suspendue. Une petite araignée toute fragile en escalade sur un petit surplomb!

En surface, un clin d'œil au binôme: pas besoin de mot, les yeux dans le masque sourient d'eux mêmes , le ciel est toujours bleu, un cormoran non loin qui pêche. L'impression de faire partie intégrante du paysage: homme libre… nous remercions Charles Baudelaire pour ce merveilleux moment partagé.

La mer a fini par remonter, un peu de courant donc et le froid qui nous a ramené au monde réel.

Le haut du corps appuyé sur la bouée, sans le masque pour se ré imprégner de l'air, du vent. Le ciel s'est couvert, la plage a l'air déserte, une petite houle nous ramène gentiment. Un léger vent siffle dans nos oreilles, des oiseaux se promènent sur le bord du rivage. La civilisation!