Plus délicat et coloré on ne fait pas ! Une merveille de beauté concentrée sur quelques centimètres, la flabelline.

Découverte : on était trois dans notre palanquée, deux élèves dont moi-même et notre prof, photographe et plongeuse expérimentée. Nous étions à observer une seiche à l’affût qui pêchait. Sophie, notre monitrice faisait quelques photos. J’ai aperçu une limace jaunâtre que je n’avais jamais vue, hésitant à prévenir Sophie qui avait dû en voir des milliers. Je la préviens tout de même, elle fait quelques clichés. Ma binôme et moi commencions à avoir froid. Posées au fond en attente, je suis « tombée » sur une tâche rose violette qui de plus près s’est avéré avoir des poils. Comble de surprise, il y avait plusieurs petites tâches. Je me suis permise d’avertir une fois de plus notre photographe qui cette fois-ci s’est montrée très enthousiaste. Nous avons dû notre survie à la faiblesse de la batterie de son appareil photo et nous sommes remontées gelées mais riches de nombreux clichés. Cela a été ma seule et unique rencontre avec la flabelline.

Portrait : c’est une limace de mer qui ne mesure que quelques centimètres, 3 à 5 cm au plus. Sa morphologie est des plus simples : une tête d’où se dresse deux tentacules qui lui servent d’organes sensoriels et un corps recouvert de cérates (sortes de poils) de couleurs rose violet pouvant tirer sur le bleu rose se terminant par du blanc. Son corps est effilé et pointu.

Lieu de vie : elle affectionne les fonds et les parois rocheuses. On peut la rencontrer entre 5 et 50m de profondeur.

Nourriture et reproduction :  notre limace se nourrit presqu'exclusivement d'hydraires . Ce sont des sortes de petits arbustes urticants mais qui ne le sont pas pour la flabelline. Elle est hermaphrodite. Sa ponte est en forme de petit tortillon. Chaque larve qui nait va être à l'état planctonique, elle va dériver avec le courant et les vagues jusqu'à détecter des hydraires, s'y fixer et s'y développer. Elles vont alors entamer leur métamorphose, mais si elles n'en trouvent pas, elles peuvent rester à l'état larvaire pendant plus d'un an.

Un peu de culture : notre flabelline appartient à la même famille que la coquille saint-jacques, les mollusques. Flabelline est un diminutif en latin d’éventail.