Petite, discrète, répondant au doux nom de chapeau chinois ou bernique, selon les régions... Qui suis je ?

Portrait : une mignonne petite coquille conique striée de beige, jaune, marron ou gris. Notre patelle vit principalement sur l’estran, la zone de balancement des marées. Si on arrive, et ce n’est pas facile… à la décoller on trouve à l’intérieur un corps mou avec en dessous un gros pied musculeux. Pour un simple promeneur on voit des cônes collés au rocher.

D’un peu plus près : la patelle possède un petite langue nommée radula qui lui permet de « brouter » les petites algues collées sur les rochers. Car notre petite patelle se déplace ! D’accord ce n’est pas une marathonienne mais quelques mètres sont dans ses compétences. D’ailleurs pour un fin et patient observateur, elle se déplace doucement et reviendra toujours au même endroit où elle va finir par creuser une petite excavation. Il semblerait que c’est grâce à son odorat qu’elle retrouve « sa » place sur le rocher.

Une respiration adaptée : comme tous les mollusques - sa famille d’appartenance - elle possède des branchies pour respirer sous l’eau. Mais quand la mer se retire ? Une championne d’apnée peut-être ? Et bien non, j’ai toujours pensé que sa grosse ventouse qui la maintient solidement fixée au rocher lui servait à résister à la force des vagues… Grosse erreur : elle ne possède pas d’organes permettant une respiration aérienne, alors elle garde en se fixant solidement au rocher un peu d’eau dans sa coquille pour survivre à l’émersion à marée basse.

Particularités : l’air de rien, la patelle peut vivre de 5 à 15 ans. De nature conviviale, sa coquille est colonisée par divers organismes tels que des vers, des algues et des balanes. Une nature si sympathique et pourtant quelques ennemis : les oiseaux, des pourpres (un coquillage carnivore) et nous car les humains la consomme crue ou cuite.

Pour une méditation : trouvez un coin tranquille sur l’estran, posez-vous sur un rocher à marée basse, tendez l’oreille…. Peut être entendrez-vous le craquement et frottement générés par une armée de patelles affamées.