Maguy a exercé le métier de mytilicultrice sur Jospinet. Elle a toujours été son propre patron: la reine des moules de bouchots !

Une passion, la mer : "au départ, j'ai repris l'affaire du papa. Comme il disait, on mange du bon air. C'est un métier physique où l'on est souvent dans l'eau mais j'aime la mer, être au grand air et vivre au rythme des marées. Même si c'est un métier exercé souvent par des hommes, j'ai su trouver ma place et prendre du bon temps."

Mon lieu de travail : il y a la mer, plus exactement les concessions qui sont "mon domaine" qui appartient au domaine maritime, en quelque sorte on loue le terrain. J'ai un bâtiment à l'intérieur des terres bien sûr où il y a tout le matériel : les machines, le tracteur et les bassins d'eau de mer pour accueillir les moules pêchées en attendant d'être vendues.

Petite moule deviendra grande : il faut un an pour qu'une moule devienne adulte et donc consommable. En Bretagne, on ne peut pas capter le naissain en mer, on va donc chercher vers la mi-mai en Charente-maritime de grandes cordes en chanvre de 100m de long qui ont été ensemencées naturellement . A l'œil nu, les petites moules sont grosses comme des têtes d'épingle. Arrivées chez nous, on va tendre les cordes en mer, accrochées et étirées sur des pieux. Les moules vont alors grandir. Quelquefois, elles poussent trop vite, on dit que le pieu déborde, alors on enlève le tout. Au bâtiment, on fabrique alors une sorte de gros boudin, les moules sont installées dans un grand filet, une sorte de gaine que l'on réinstalle sur le pieu, cela consolide le tout en prévision des coups de vent!

Le bouchot : les cordes couvertes de petites moules sont installées sur un pieu enfoncé dans le sable dans la zone de balancement des marées de façon à ce qu'il soit toujours accessible à marée basse. On fixe la corde au sommet du pieu et on l'enroule, on la fixe en bas à distance du sol; on rajoute un toile plastique appelé tahitienne qui sert à protéger les moules des prédateurs que sont les crabes et les bigorneaux perceurs qui ne peuvent plus monter sur le pieu.

La récolte : on pêche régulièrement de juin jusqu'à octobre-novembre. Quand les moules arrivent à maturité, on va les pêcher, ce qui va libérer des pieux. On installe alors progressivement les cordes afin d'assurer la récolte de l'année prochaine. On pêche avec le bateau ou le tracteur avec une pêcheuse, une machine équipée d'un cylindre avec au bout, une sorte de mâchoire; on entoure le bouchot et on enlève le paquet de moules. Une fois amenées au bâtiment, les moules vont rester une journée dans un bassin d'eau de mer pour être en quelque sorte lavées de l'intérieur. Le lendemain, les moules sont prises en charge sur une chaîne qui va les dégrapper, les calibrer, les nettoyer et les mettre en sac, elles sont alors prêtes à la vente.

Un rythme soutenu : les journées de travail sont plus longues en été car il y a l'installation des petites moules, la surveillance constante des pieux, la pêche et la vente. Bien sûr, on profite des marées à fort coefficient pour aller sur site surveiller la croissance des moules. L'automne, on se prépare à l'hiver, ensuite, c'est l'entretien du matériel. De toute façon, il y a toujours de quoi s'occuper!

Maguy a pris maintenant sa retraite, une autre personne s'occupe de surveiller la mer et d'exercer ce beau métier dans l'amour et le respect de la nature!