Les nouvelles de la mer étaient donc à la Martinique, plus exactement en plongée dans la mer des Caraïbes non loin de Saint-Pierre où la montagne Pelée s'est réveillée il y a quelques années; le sable y est donc noir.

Alors, il est vrai que la Manche révèle bien des trésors et que chaque plongée est une rencontre voire un voyage... Mais là, ne boudons pas notre plaisir, à l'entrée de l'automne breton; une eau à 32° ne se refuse pas! Très peu d'algues et,  il est vrai, une eau "très légèrement" trouble due aux différents cyclones qui ont également secoué les fonds marins. Mais les couleurs restent complètement démentielles et les découvertes toujours surprenantes. 

Lors de notre première plongée, une belle rencontre... posée délicatement sur le sable sombre, une petite limace bleue, mais bleu genre turquoise qui peut aller jusqu'au violet mauve avec un pied couleur vert concombre qui aurait des pois blancs, bordé, s'il vous plait, de bleu ciel avec un liseré blanc! Bon, au début dans l'excitation, j'ai nettoyé mon masque couvert de buée sans doute peu habitué aux eaux chaudes pour être sûre, avec le décalage horaire tout est possible, mais non... Notre merveille mesurant 5 à 6 cm il fallait être attentif. De toute façon, on en a rencontré plusieurs alors ce ne devait pas être le fruit de mon imagination. Nous avons appris par la suite que cette petite limace locale portait le joli nom de scarole, non en hommage à Nicolas et Isabelle (quoique) mais à cause des frisotis bleu vert  la recouvrant.

Un peu de culture : taille maximum 10 cm, endémique de la mer des caraïbes, elle se nourrit exclusivement d'algues mais se rencontre sur le sable  et sur les zones rocheuses. Pour parfaire son portrait, on note que ses papilles dorsales (les frisotis) sont en forme de rubans ondulés de la couleur des algues qu'elle mange. On voit aussi deux tubes à l'avant qui l'aident dans son déplacement et  qui cachent un petit œil noir!

Comme aux Antilles et de plus en vacances on nous recommande de prendre son temps et bien nous nous sommes posées au sol. On a mis nos appareils photos en mode rafale pour suivre le déplacement voluptueux de notre limace. Les frisotis semblaient des voiles que la vitesse de déplacement nous laissaient tranquillement admirer, une pure merveille, la star de notre plongée en tout cas!