2 Juin 2018

 Tout d’abord, un grand merci à Nicolas d’avoir passé quelques heures avec nous pour nous expliquer patiemment et nous faire découvrir ses merveilles à nous, gourmands amapiens-nes !

Nicolas nous recevait dans son nouveau domaine au lieu dit « Le haut Champ ».

Nous étions 7 amapiens ce samedi 2 juin. Accompagnés de Jerry, le chien de la maison, Nicolas nous a conviés à une belle promenade.

En préambule
« On débute notre quatrième année içi. Nous sommes sur la commune de St-Alban et la ferme la plus proche est celle de Claire et Yann Yobé.
Ici il y a 6 grandes serres. On évolue sans cesse et, en maraîchage bio, il y a besoin de beaucoup de main d’oeuvre ; c’est un travail manuel fatiguant, comme le désherbage qui se fait à la main. Mais, cette année, on va enfin pouvoir exploiter tout notre espace.
A noter aussi qu’en bio, on doit avoir 10m d’herbe entre des voisins non bio et nous».

Les serres
Elles sont immenses. On y trouve : des tomates de multiples espèces, petits pois, courgettes, concombres…
Il y a une rotation de cultures tous les ans et, également, en été-hiver pour éviter les champignons.

A l’entrée de chacune des serres, quelques plants de tournesol : pour décorer ? Un peu mais surtout pour attirer les bourdons qui viennent faire leur travail de pollinisation sur les plants. Des ruches à bourdons sont même installées à l’intérieur de la serre en début de saison.
Dans les cultures, pour faire barrage aux pucerons, par exemple, alternance de lignes de haricots avec des lignes de concombres. Et, pour gagner de l’espace, les concombres grimpent presque jusqu’au plafond !
Pour les herbes indésirables, utilisation à certains endroits d’un feutre de paille qui est biodégradable en 3 à 6 mois : c’est onéreux à l’achat, mais c’est moins de travail de désherbage. Un autre moyen - le paillage - qui permet de garder l’humidité et donc d’économiser l’eau.
Besoin d’arroser tous les jours. Bien sûr, l’eau de pluie est récupérée à cet usage mais, actuellement, à part quelques orages, il n’y a pas eu de pluie suffisamment significative.

Les fraises de cet été en extérieur
2400 pieds et un filet anti-oiseaux prêt à l’emploi. Il y a différents calibres de fraisiers : A,B,C,D selon la taille du tronc qui va déterminer la taille des fraises.
Avec un printemps chaotique et pluvieux, les plants ont été installés dans l’urgence dès que la terre s’est un peu asséchée. Ils sont sur butte pour qu’un orage ne transforme le champ de fraisiers en piscine !

A l’extérieur des serres
Lundi dernier, c’était la journée de la plantation des poireaux de cet hiver. Ils sont en motte avec la racine pour qu’ils prennent plus facilement.
Les aubergines alternent avec des poivrons pour éviter des attaques de pucerons.
A noter que les poivrons sont toujours verts à la base. C’est par la suite qu’ils changent de couleur : rouge, jaune, orange et même chocolat.
Il y a aussi des navets, des épinards (les derniers de la saison), des petits pois pour la deuxième récolte, des fèves.
Quelques uns ont des pucerons mais Nicolas les soigne avec une décoction à base d’aïl.
Un énorme champ d’oignons encore jeunes. Aussi, des choux et des brocolis.

Quant aux framboisiers qui étaient sur place à leur arrivée, ils ne produisent plus. Ils vont être remplacés par des artichauts qui seront récoltés dans deux ans.
Pour cet hiver, les courges sont plantées, de même les choux mais bâchés sinon les insectes et les pigeons mangent les feuilles.

Le verger
5 variétés différentes. La dernière récolte a eu lieu en décembre 17. Elles sont conservées en chambre froide à 3°.
Cette année, trop de fruits sur les arbres. Pour éviter d’en avoir avec des vers ou des tâches, il ne faut conserver que 2 fruits sur la branche; un gros travail en perspective!
L’hiver, la terre est enrichie mais, actuellement, c’est la phase désherbage pour éviter la montée des chenilles et limaces sur les pommiers.

Les salades
Il faut trois semaines à 1 mois pour faire pousser une belle salade. Comme il y a beaucoup de demandes, il faut pas mal de variétés différentes et une rotation importante. Pour cela, Nicolas dispose d’une « planteuse à salades ».
La machine est tirée par un tracteur. 2 personnes sur la planteuse à salades posent les plants les uns derrière les autres dans des glissières qui descendent et les plans sont mécaniquement enfoncés dans la terre à intervalle régulier.
Avec ces 3 personnes, c’est 4000 salades à l’heure, Sans cette machine, il faudrait de 32h de travail !
Au printemps, plantation tous les 15 jours ; l’été c’est chaque semaine. Cette planteuse à salades est bienvenue !

Le manque de bras
Il faudrait 7 à 8 personnes à temps plein (7h/jour) mais nous n’avons que 4 personnes actuellement. C’est un travail très fatiguant. A genoux ou courbé, le mal de dos arrive vite ! C’est aussi beaucoup de désherbage et de cueillettes qui demandent des soins minutieux !
"Isabelle et moi, nous travaillons jusqu’à 12h par jour. L’été, on aimerait embaucher des saisonniers en supplément"

La production
La production est essentiellement destinée à la vente directe : sur les marchés (Erquy, Fréhel, Plurien, Sables d’or), la Binée paysanne, l’AMAP et, si le stock le permet, la Gambille de St-Brieuc et la Coop bio de St Malo. Une infime partie approvisionne quelques restaurants.
Pour les marchés, la récolte se fait le matin même, c’est beaucoup de préparation.

Ce métier est une passion bien sûr qui demande beaucoup de travail pour arriver à un beau produit. Il convient bien sûr de satisfaire la clientèle, tester des techniques, des produits, gérer avec les aléas de la nature, la baisse de la main d’oeuvre. Tout ceci pour simplement vivre de ce métier.
La visite s’est terminée autour d’un goûter, moment toujours aussi agréable.