16 avril 2016

 Une quinzaine de personnes de l'AMAP avait répondu présent à l'invitation de Claire et Yann Yobé en ce samedi 16 avril. Un temps plutôt favorable et le plaisir d’être là, accueillis comme chaque fois avec autant de chaleur et disponibilité.

Depuis 1994, Yann a repris la ferme familiale (terres et habitation en location depuis trois générations). Il a débuté la conversion de la ferme en bio en 1996 et celle-ci a été certifiée en 1998.
Après 5 ans en GAEC avec deux autres personnes, Yann se retrouve seul en 2003. Depuis Claire l'a rejoint et ils travaillent avec un ou deux salariés selon les périodes sur leurs 70 hectares: 50 hectares sont en herbe et 20 sont pour les céréales qui servent à nourrir les 32 vaches laitières et bien sûr aussi pour faire de la farine que Claire transforme en pain depuis 2005.

Depuis 1998, ils font partie du groupement de producteurs BIOLAIT . Celui-ci passe des contrats avec des transformateurs (en magasins bios, réseau Super U, rayon bio) et leur livre le lait grâce aux camions détenus en commun .En 2005, Claire s'est lancée dans l'activité pain qui a vite pris son essor.

Le principe de la ferme - être autonome et ne pas surproduire. Ici pas de produits chimiques, on a des rotations longues pour les différentes céréales cultivées et les pâtures, bien sûr pour les vaches et le foin. Le blé est utilisé pour la farine et la paille de litière pour les vaches l'hiver. Le fumier, transformé en compost, sera épandu sur les champs par la suite. Rien ne vient de l'extérieur. Il faut essayer aussi de s'adapter au réchauffement climatique ; cela permet d'expérimenter des techniques, c'est innovant et intéressant mais pas très confortable car incertain sur la production.

Les veaux - les six premiers mois, ils sont nourris avec du lait de vache et ont du foin à disposition. Ensuite, ils mangent de l'herbe ou du foin en fonction de la saison. Il y a deux races : la principale, la Normande aux 3 couleurs (marron blanc et noir) qui produit un lait riche en protéines. Il y a un veau de la race du Froment du Léhon qui est marron clair. Son lait sera plus riche en matières grasses. Actuellement, l'herbe ne pousse pas beaucoup et la température pas suffisamment clémente ; du coup, les veaux restent à l'intérieur. Il y a un taureau, on en garde un chaque année pour une fécondation naturelle mais on fait aussi appel à la fécondation par insémination.

L'alimentation – Elle est basée sur l'herbe. Toute la saison où l'herbe pousse, les vaches mangent de l'herbe et du foin. Pendant l'hiver, elles ont du foin et de l'ensilage d'herbe. On donne en complément aux vaches un mélange de céréales (fève, petit pois, grand épeautre et seigle) lorsqu’elles sont à l'étable (l'hiver pendant deux mois).

Après la traite on les empêche de se coucher tout de suite pour permettre que le sphincter du trayon se soit bien refermé et ainsi éviter la contamination par des microbes. Pour cela, on leur donne du foin, d’abord assez grossier permettant une bonne couverture de fibres dans leurs estomacs, puis plus fin. Cette méthode permet une fermentation plus lente évitant la prolifération des bactéries dans leur système digestif.

La salle de traite - Installation pour 10 vaches, 5 de chaque coté. Les trayons de la mamelle sont nettoyés puis branchés et se débranchent automatiquement quand la traite est terminée. Une seule personne suffit pour s'en occuper.
La quantité de lait par vache varie avec les saisons mais en moyenne c'est 15l par vache et par jour alors que cela va de 30 à 50l en système conventionnel.
Le lait est conservé en cuve à 3°. Un camion passe tous les 3 jours pour le récupérer.

La gestion de la ferme - le fait d'être locataire des terres (l’achat nécessite un investissement très important) et de ne pas avoir investi dans du matériel et dans des bâtiments permet d'embaucher des salariés et de pouvoir
prendre des vacances.

Pour le matériel, Claire et Yann appartiennent à une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) qui permet la mise en commun des ressources pour l’achat et l’utilisation de matériel.

Le four à pain - A proximité d’un four ancien en extérieur, il y a souvent un chêne, sans doute pour le protéger. C’est le cas chez Claire et Yann.
Le four a fait l’objet d’une restauration complète l’été dernier (la voûte, la porte et les 50cm de terre qui le recouvrent). Il fonctionne très bien et permet de cuire l’équivalent d’une quarantaine de kilos de pain.

Des variétés anciennes de blés - Une expérience est tentée avec une quinzaine de variétés anciennes de blés qui proviennent de Haute Loire. Elles ont été semées le même jour et ont déjà des tailles différentes. Celles qui s'adaptent le mieux ici seront gardées. Les variétés anciennes sont beaucoup plus nutritives que celles qui ont subi des transformations au cours des années.
Actuellement, on cultive du blé rouge de Bordeaux et du Renan. On produit 30 à 35 quintaux à l'hectare (jusqu'à 100 quintaux en agriculture conventionnelle).

Les céréales seront triées à la récolte et séchées si besoin. La taille des alvéoles de la machine permet de différencier les céréales, mais il faut trier une nouvelle fois pour assurer la fabrication d'une farine de qualité.
Le blé est une matière vivante. Il est entreposé dans des silos et doit être surveillé. On doit veiller à ce que ce ne soit pas trop humide pour éviter les charançons. On ventile de l'air froid pour les empêcher de s'installer et faire descendre la température du blé .

La fabrication du pain : (cf CR et diaporama de Janvier 2015 sur le site au chapitre : Du grain au pain)
Dans la mesure où nous ne pouvons nous rendre sur le lieu de fabrication du pain (non ouvert au public), Claire a projeté un diaporama très précis de son travail en commentant chaque image dans le détail et en répondant à toutes nos questions.
Particularité du pain au petit épeautre de Claire : on utilise habituellement du levain fabriqué à partir de farine de blé. Chez Claire, le levain sera fabriqué à base de farine de petit épeautre. Cela permet aux personnes souffrant
d’intolérance au gluten d’en bénéficier.
Le sel utilisé dans la fabrication du pain provient de l'île d'Olonne, une saline juste à coté des Sables d'Olonne. On peut retrouver ces producteurs en Septembre à la foire bio de Mur de Bretagne.

Après la visite et l’exposé de Claire, nous n’avons pas manqué à la tradition d’un goûter festif.


Puis, nous avons laissé Claire et Yann retourner à leurs occupations. Ils nous avaient consacré beaucoup de temps. Il était plus de 17h30 et le travail de la ferme attendait ... Une visite très agréable et toujours aussi instructive